Cet article est inspiré du livre Un petit pas peut changer votre vie de Robert Maurer.
La résistance au changement est un sujet capital dans un processus d’évolution. En effet, vouloir évoluer implique directement le fait de vouloir changer d’une situation actuelle vers une situation désirée.
Le changement est-ce vraiment si simple ?
Le changement semble simple si on l’explore du point de vue purement logique :
– J’identifie ce qui ne me convient pas ou ce que je souhaite améliorer dans ma situation actuelle,
– Je définis vers quoi je souhaite aller à la place,
– Je fixe un objectif avec des sous-objectifs éventuels,
– Je conçois ma stratégie et l’a planifie dans le temps,
– Je passe à l’action,
– Je corrige ma stratégie en cours de route si nécessaire,
– J’atteins mon objectif.
Facile non ? Alors pourquoi la grande majorité d’entre nous n’arrivons jamais à maintenir nos actions jusqu’à arriver à notre objectif ?
Les différentes stratégies de changement
Il existe une multitude de réponses possibles. Dans cet article, nous allons nous concentrer sur la réponse suivante « J’échoue car ma stratégie n’était pas la bonne » et de ce fait, toutes les autres étapes deviennent inefficaces.
La majorité des stratégies de changement peuvent être découpées en deux types :
– Le changement par l’innovation,
– Le changement par petit pas.
Le changement par l’innovation est un procédé radical de transformation intervenant sur une très brève période et dont les effets de renversement se révèlent spectaculaires. En gros, un maximum de résultats en un minimum de temps.
Avec cette définition, il est séduisant ! Et d’ailleurs, la plupart d’entre nous font le choix d’innover pour transformer un aspect qui ne leur convient pas dans leur vie.
Exemple :
– Une personne qui décide d’arrêter de fumer du jour au lendemain alors qu’elle fume 2 paquets par jour,
– Une personne décide de se mettre à courir 3 fois par semaine alors qu’elle n’a jamais pratiqué de course à pieds dans le passé,
– Une personne décide de ne plus manger de produit transformé sucré alors qu’elle en consomme depuis des dizaines d’années.
Toutes ces personnes ont peut-être choisies d’appliquer ces changements dès le 1er janvier de la nouvelle année, ce sont des bonnes résolutions. C’est super !
Alors quel est le problème ? La pérennité.
Lors d’un changement par l’innovation, la majorité des personnes se retrouvent dans la même situation qu’au départ au bout de trois mois. Voir dans une situation pire car de l’échec né la culpabilité et la mésestime de soi.
Pourquoi ? Parce que le corps ne repose pas sur la logique pure.
Le rôle des émotions dans la résistance au changement
Vous l’aurez sûrement remarqué mais parfois des sensations nous parcourent le corps et se logent dans notre ventre ou notre plexus pour nous transmettre un message, une énergie. Ce sont les émotions.
Parmi ces émotions, il en existe une qui est à l’origine de notre échec. C’est la peur.
La peur qu’elle soit consciente ou inconsciente est un signal d’alerte extrêmement puissant pour notre cerveau, elle implique qu’une menace d’ordre vitale a été identifiée et qu’il est impératif de réagir rapidement face à cette menace.
Pourquoi ? D’où vient cette peur concrètement ?
L’origine de la peur se trouve dans notre cerveau.
Au cours de notre évolution, notre cerveau n’a jamais cessé de se développer et de s’adapter.
Trois principales évolutions ont eu un impact majeur sur les humains que nous sommes aujourd’hui :
- La première, le développement du tronc cérébral. Aussi nommé « cerveau reptilien », impliqué dans les fonctions primaires comme nous endormir le soir et nous réveiller le matin.
- La seconde, le développement du cerveau central. Communément appelé « cerveau mammalien », il régule la température de notre corps, nos émotions ainsi que notre réaction « fuite ou combat ».
- La troisième, la formation du cortex, il est le principal acteur du génie humain. Et c’est dans le cortex que naît l’impulsion créatrice et que les pensées fusent.
C’est dans une de ses trois zones que se trouve la structure responsable de notre peur.
Celle qui nous bloque devant un page blanche alors qu’il faut rendre un devoir le lendemain ou qui nous fait commander une pizza au lieu de cuisiner sainement.
Son nom ? L’amygdale
Elle contrôle et déclenche notre réaction « fuite ou combat ».
Se faisant, elle coupe les zones non-essentielles à la survie, comme le cortex, nous n’avons donc plus accès ni notre créativité ni à nos pensées rationnelles.
Ce qui est fort utile lorsque nous devons fuir un tigre à dent de sabre ou une voiture à contre sens qui nous fonce dessus
mais nettement moins lorsque nous devons commencer un nouveau programme de sport à raison de 3 séances par semaine.
Car pour l’amygdale, un changement dans la routine est assimilé à un signal d’alerte et plus le changement est important
plus le signal est puissant.
Et c’est pour cette raison que beaucoup de changements échouent dès le départ.
Donc l’amygdale enclenche la fonction peur à chaque changement par l’innovation et risque de nous bloquer dans le pattern suivant :
But important –> peur –> accès au cortex diminué –> échec.
Toutefois, certaines rares personnes arrivent à transformer l’anxiété en excitation. Mais malheureusement pour la majorité d’entre nous ce n’est pas le cas.
Réussir à changer grâce aux petits pas
Comment faire alors ? Se tourner vers le second type de changement : le changement par petit pas.
Ici l’approche est différente. Les petits pas permettent de court-circuiter l’amygdale et de retrouver accès à son cortex pour pouvoir réfléchir de manière créative à son changement sans être paralysé par l’anxiété.
On se retrouve dans le pattern suivant : But modeste –> peur évacuée –> cortex impliqué –> succès.
L’idée est moins séduisante car si on reprend l’exemple du fumeur de cigarette vu plus haut, un but modeste serait de passer de 2 paquets par jour soit 40 cigarettes à 38 cigarettes par jour et de tenir jusqu’à la fin du mois. Et puis, ainsi de suite de 38 à 36 puis de 36 à 34 puis de … Jusqu’à 2 à 0. Soit un projet de 20 mois.
Posez-vous la question sincèrement, est-ce qu’il est plus difficile de passer de 40 à 0 ou de 40 à 38 cigarettes par jour ? Et d’ailleurs, cela peut paraître contre intuitif, mais la seconde stratégie sera plus efficace dès le début du quatrième mois car l’innovation échoue au bout de 3 mois majoritairement, rappelez-vous.
Au début du quatrième mois notre exemple fumera donc 40 cigarettes par jour avec la stratégie par l’innovation alors qu’il n’en fumera plus que 32 par jour avec la stratégie des petits pas.
Même si le pas semble petit, le but lui ne l’est pas.
Les petits pas permettent de déclencher une routine de succès, car l’objectif est si petit, qu’il est presque impossible d’échouer. Inévitablement avec le succès vient l’estime de soi et la fierté.
Ce sont des alliés de taille dans la poursuite d’un changement durable.
La création de ce cercle vertueux (atteinte de l’objectif –> haute estime), soutenu par une créativité conservée et aucun signal d’alerte au niveau de l’amygdale conduit à la pérennité du changement.
Ne me croyez pas, testez !
Conclusion
Si vous vous demandez pourquoi je résiste au changement, retenez une chose : ce n’est pas un manque de volonté ou de motivation. Notre cerveau est conçu pour privilégier la sécurité avant tout. Lorsqu’un changement paraît trop important, il peut être perçu comme une menace, ce qui déclenche naturellement des mécanismes de protection qui freinent notre passage à l’action.
La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de contourner cette résistance. En avançant par petits pas, vous réduisez l’anxiété liée au changement, préservez votre capacité à réfléchir avec clarté et construisez progressivement une dynamique de réussite. Chaque petite victoire renforce votre confiance, votre estime de vous-même et votre capacité à aller plus loin.
Changer durablement ne consiste donc pas à accomplir un exploit du jour au lendemain, mais à poser aujourd’hui une action suffisamment simple pour avoir envie de la reproduire demain.
Si vous traversez actuellement une période de questionnement professionnel, que vous avez envie d’évoluer mais que quelque chose semble vous retenir sans que vous sachiez vraiment pourquoi, je peux vous accompagner pour identifier ces freins et construire avec vous une trajectoire de changement réaliste, durable et alignée avec vos aspirations.
Le premier pas n’a pas besoin d’être grand. Il a simplement besoin d’exister.
À propos de l'auteur
Enzo Redjimi
Ingénieur de formation et coach professionnel spécialisé dans la transition professionnelle, j’accompagne les personnes qui souhaitent retrouver du sens dans leur carrière, dépasser leurs blocages et construire un projet professionnel aligné avec leurs valeurs et leurs aspirations.
La construction d’une trajectoire professionnelle n’est pas une destination, mais un processus d’évolution permanent. C’est un chemin que j’ai moi-même parcouru et que je continue de suivre. Mon approche est née de cette expérience personnelle, enrichie par ma formation de coach professionnel et par mes connaissances en conduite du changement. Elle a un objectif simple : vous aider à avancer avec davantage de clarté, de confiance et de sérénité, un pas après l’autre.